Penser vite, penser lentement… et contacter autrement
Daniel Kahneman distingue deux modes de pensée : le Système 1, rapide et intuitif, fondé sur les heuristiques, et le Système 2, lent et réfléchi, plus coûteux en énergie mais indispensable pour corriger les biais. En Gestalt, cette distinction résonne avec l’awareness (présence immédiate, sensible) et la consciousness (prise de conscience réflexive). Les introjects fonctionnent comme des heuristiques : ils guident nos réactions automatiques, parfois aidantes, parfois limitantes. En thérapie, en coaching ou en apprentissage, le travail consiste souvent à ralentir : passer de l’automatisme à la conscience, pour transformer une réaction en choix ajusté. C’est un effort, mais il ouvre la voie à plus de liberté et de créativité dans nos décisions.
Erving Goffman : les rites invisibles de nos interactions
Le sociologue Erving Goffman a montré combien nos relations reposent sur des codes implicites : préserver sa « face », éviter l’embarras, manifester respect ou politesse. Derrière ces gestes apparemment banals se joue l’équilibre de la relation. Goffman révèle ainsi que les interactions sont de véritables rituels sociaux, où chacun cherche à se protéger et à protéger l’autre. En Gestalt-thérapie comme en coaching, ces apports aident à mieux décoder les dynamiques de contact, à comprendre comment naît ou se rompt la fluidité dans l’échange. Dans nos vies d’aujourd’hui — réunions professionnelles, réseaux sociaux, interactions quotidiennes — cette lecture reste d’une grande actualité pour renforcer confiance et qualité du lien.
Serge Moscovici et la théorie des représentations sociales
Nous ne voyons jamais le monde « tel qu’il est » : nous l’interprétons à travers des cadres collectifs. Serge Moscovici a appelé cela les représentations sociales : des systèmes partagés de croyances, d’opinions et de connaissances qui donnent sens à la réalité. Par objectivation (transformer l’abstrait en images) et ancrage (relier le nouveau à l’ancien), ces représentations guident nos perceptions, orientent nos pratiques et structurent nos débats. De la santé au travail en équipe, elles influencent nos comportements au quotidien. Pour la Gestalt-thérapie et le coaching, reconnaître ces cadres invisibles, c’est ouvrir un espace où individus et organisations peuvent transformer leurs manières de voir et d’agir.
Nos orientations culturelles pour élargir nos possibles
La culture ne se réduit pas aux traditions ou aux langues : elle oriente nos façons d’être au monde. Geert Hofstede a identifié six dimensions culturelles qui révèlent comment chaque société répond à des dilemmes universels. Loin des stéréotypes, ces dimensions sont des orientations qui façonnent nos expériences. En Gestalt-thérapie comme en coaching, elles apparaissent dans la manière dont une personne entre en contact : anxiété face à l’ambiguïté, loyauté au groupe, recherche de règles, besoin de compétition ou de soin. Inspirée par la phénoménologie (Ahmed, Clemmens & Bursztyn), l’approche Gestalt invite à prendre conscience de ces orientations culturelles pour élargir les possibles : il s’agit moins de changer de culture que de gagner en liberté dans la façon de la vivre.
Gestalt et négociation : l’art d’allier structure et relation
La méthode PON (Harvard) structure la négociation autour des intérêts, de la BATNA et de critères objectifs. Elle donne un cadre rationnel puissant, mais gagner un accord durable suppose aussi une qualité relationnelle. C’est là que la Gestalt apporte un complément décisif : son modèle du cycle de contact aide à identifier où le dialogue se bloque, à écouter les signaux non verbaux, et à reconnaître les besoins implicites. Conjuguées, PON et Gestalt permettent d’allier rigueur stratégique et conscience relationnelle, pour négocier des accords à la fois solides et humains - qu’il s’agisse d’un partenariat business, d’un projet commun ou d’une situation personnelle.
Dans "In a Different Voice", la psychologue Carol Gilligan a montré que la morale ne s’exprime pas seulement par la logique de la justice et des règles, mais aussi par une voix du care, attentive aux liens, à la vulnérabilité et à la responsabilité partagée. Cette perspective rejoint les fondements de la Gestalt-thérapie, qui met en valeur la conscience du présent, l’équilibre entre autonomie et interdépendance et la qualité de la relation. En thérapie, elle invite à retrouver sa voix propre face aux injonctions intériorisées. En organisation, elle rappelle que l’attention au care n’est pas une faiblesse mais un levier stratégique : renforcer la confiance, favoriser la créativité et transformer les tensions en opportunités. Intégrer l’éthique du care en Gestalt, c’est apprendre à écouter les voix souvent tues — en soi, dans nos relations, et dans nos équipes.
Ma différence à moi – vivre avec un corps hors norme #5
Épisode 5/5 : Être mal-voyante, avec Bérénice Magistretti : "Pendant très longtemps, j'avais honte"
Ma différence à moi – vivre avec un corps hors norme #4
Épisode 4/5 : Être tétraplégique, avec Martin Petit : "J'essaye de ne pas me laisser condamner par mon handicap"
Ma différence à moi – vivre avec un corps hors norme #3
Épisode 3/5 : Être grande brûlée, avec Julie Bourges : "J'ai pris conscience que mon corps m'avait sauvé la vie"
Ma différence à moi – vivre avec un corps hors norme #2
Épisode 2/5 : Être grosse et noire, avec Kiyémis : "Contre la grossophobie qui nous pousse à détester nos corps"
Ma différence à moi – vivre avec un corps hors norme #1
Épisode 1/5 : Être trans, avec Lou Trotignon : "Le changement de genre est un voyage sans fin"
Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien – Tome 3 (La Volonté de vouloir)
« L'oiseau n'est pas un docteur ès sciences qui puisse expliquer pour ses confrères le secret du vol. Pendant qu'on discute sur son cas, l'hirondelle, sans autres explications, s'envole devant les docteurs ébahis... Et de même il n'y a pas de volonté savante qui puisse expliquer à l'Académie le mécanisme de la décision : mais, en moins de temps qu'il n'en faut pour dire le monosyllabe Fiat, l'oiseau Volonté a déjà accompli le saut périlleux, le pas aventureux, le vol héroïque du vouloir ; la volonté, quittant le ferme appui de l'être, s'est déjà élancée dans le vide.»
Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien – Tome 2 (La Méconnaissance, le malentendu)
« La lueur timide et fugitive, l'instant-éclair, le silence, les signes évasifs - c'est sous cette forme que choisissent de se faire connaître les choses les plus importantes de la vie. il n'est pas facile de surprendre la lueur infiniment douteuse, ni d'en comprendre le sens. cette lueur est la lumière clignotante de l'entrevision dans laquelle le méconnu soudainement se reconnaît. Plus impalpable que le dernier soupir de mélisande, la lueur mystérieuse ressemble à un souffle léger... »
Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien – Tome 1 (La Manière et l’occasion)
« Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien. Titre énigmatique... Quelque chose – ou presque rien – reste hors prise et remet la pensée en mouvement. » Marcel Neusch, La Croix
« Une voix merveilleuse, une des plus précieuses et des plus singulières de notre temps. » Catherine Clément, Le Matin
« Jamais on n’a écrit de philosophie comme ça. » Michèle Le Doeuff, Libération
« Moraliste actuel, à la mesure des inquiétudes de notre temps, de ses urgences... » Christian Delacampagne, Le Monde
Gestalt-praticienne et artiste-peintre Ariane est également facilitatrice Shadow Work®, méthode développée aux Etats-Unis dans les années 80, cette approche permet de prendre conscience de nos schémas de fonctionnement en les mettant en scène, pour les éclairer et trouver des clés de transformation.
Gestalt-apprenante, artiste-musicienne et enseignante en conservatoire Monica est également formée à la méthode FeldenkraisTM, pratique basée sur le corps qui invite à visiter le mouvement et les actions tels qu’ils se déploient, sans a priori ni jugement, et de laisser émerger des solutions nouvelles.
Professeure, communicante, entrepreneure… avant de devenir coach professionnelle certifiée de l'ICF, elle a connu plusieurs vies professionnelles, toutes guidées par un même fil rouge : l’humain. En formation à l’EPG, Gestalt-apprenante, elle propose un accompagnement pour (re)trouver confiance et puissance, se sentir vivant et rayonner.
Passionné par les relations humaines, de cette magie qui agit dans cette incroyable capacité à être au monde, il a pendant plusieurs années conçu des espaces de vie en architecture puis apporté soutien et accompagnement direct des personnes dans le domaine social. Gestalt-praticien, il travaille avec des approches sensorielle et sensible au plus proche du corps et des émotions pour lesquelels il mobilise la musique, le dessin et le modelage.
Franco-hispano-argentin, un pied sur chaque continent, Fred Gomez cultive très tôt le dialogue interculturel. Ses différents postes à forte valeur ajoutée l'amènent à parcourir le monde. Tout au long de son parcours de direction générale, il se nourrit de la culture du beau, de l’audace, de la compréhension profonde de chaque personne et chaque situation. Il conseille aujourd’hui les entreprises et accompagne les dirigeants et managers afin de répondre à leurs nouveaux enjeux et construire avec eux leurs succès de demain.