Se vouloir du bien et se faire du mal
L’humanité a déployé assez d’intelligence pour mettre au point des machines qui explorent Mars, mais pas pour comprendre pourquoi et comment un bouchon mal vissé peut devenir un sujet de discorde. Explorant la dispute sous toutes ses coutures, ce livre résolument optimiste peut se résumer ainsi : « aucune souffrance n’est indispensable, aucune souffrance n’est gratuite ».
Une magistrale remise en perspective de nos errements, de nos insuffisances et de nos idéaux.
Le mal en face
Souffrir, dépendre, mourir : nous avons beau détourner le regard, ces expériences nous menacent. Contre l’image de vécus indicibles ou solitaires, Maxime Rovere invite à y déceler ce qui nous relie les uns aux autres – à condition de regarder le mal en face. Que disons-nous en déclarant « j’ai mal » ? Quelles réponses cette souffrance réclame-t-elle ? Comment les soins peuvent-ils contribuer à nous acheminer vers la mort sans trop de craintes ? Sans complaisance, le philosophe déroule des pensées émancipatrices qui nous familiarisent avec l’inconnu et, par là, permettent d’apprivoiser nos peurs.
Car s’il ne suffit pas de réfléchir pour changer les choses, savoir naviguer ses propres interactions permet de transformer les situations, même les plus intolérables. Pas en surface. En profondeur.
Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien – Tome 3 (La Volonté de vouloir)
« L’oiseau n’est pas un docteur ès sciences qui puisse expliquer pour ses confrères le secret du vol. Pendant qu’on discute sur son cas, l’hirondelle, sans autres explications, s’envole devant les docteurs ébahis… Et de même il n’y a pas de volonté savante qui puisse expliquer à l’Académie le mécanisme de la décision : mais, en moins de temps qu’il n’en faut pour dire le monosyllabe Fiat, l’oiseau Volonté a déjà accompli le saut périlleux, le pas aventureux, le vol héroïque du vouloir ; la volonté, quittant le ferme appui de l’être, s’est déjà élancée dans le vide.»
Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien – Tome 2 (La Méconnaissance, le malentendu)
« La lueur timide et fugitive, l’instant-éclair, le silence, les signes évasifs – c’est sous cette forme que choisissent de se faire connaître les choses les plus importantes de la vie. il n’est pas facile de surprendre la lueur infiniment douteuse, ni d’en comprendre le sens. cette lueur est la lumière clignotante de l’entrevision dans laquelle le méconnu soudainement se reconnaît. Plus impalpable que le dernier soupir de mélisande, la lueur mystérieuse ressemble à un souffle léger… »
Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien – Tome 1 (La Manière et l’occasion)
« Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien. Titre énigmatique… Quelque chose – ou presque rien – reste hors prise et remet la pensée en mouvement. » Marcel Neusch, La Croix
« Une voix merveilleuse, une des plus précieuses et des plus singulières de notre temps. » Catherine Clément, Le Matin
« Jamais on n’a écrit de philosophie comme ça. » Michèle Le Doeuff, Libération
« Moraliste actuel, à la mesure des inquiétudes de notre temps, de ses urgences… » Christian Delacampagne, Le Monde